Comment lever les freins qui empêchent la montée en puissance du recyclage des déchets inertes du bâtiment ? Voilà la principale question posée par l’atelier 5 des Assises des Déchets consacré à ces déchets, qui représentent une ressource minérale alternative mais insuffisamment exploitée. Analyse de Pierre-Louis Dubourdeau*, pilote de l’atelier.

Un gisement de taille

Les déchets du secteur du BTP représentent un gisement de près de 300 millions de tonnes. Le plan déchet 2009-2013 a fixé, en cohérence avec la directive-cadre Déchets de 2008, un objectif ambitieux de prévention, de recyclage et de progression d’autres modes de valorisation matière de ces déchets, chiffré à 70 % en poids d’ici à 2020. Les principaux enjeux en matière d’amélioration de la prévention et de la valorisation des déchets de chantiers se concentrent aujourd’hui sur les déchets inertes produits par le secteur du bâtiment.

Un enjeu : économiser les ressources

Le réemploi et la valorisation des déchets inertes doivent permettre de substantielles économies de ressources, dans un contexte de difficulté croissante d’accès aux matériaux bruts. En Ile-de-France, on estime les besoins en granulats à l’horizon 2020 à 38 millions de tonnes contre une consommation actuelle de 33 millions de tonnes, le taux de dépendance de la région étant de 45 %. Cette valorisation contribue par ailleurs à la réduction des nuisances et de la pollution atmosphérique en diminuant notamment les transports, mais aussi à la protection des paysages ou de la biodiversité (moins de centres de stockage de déchets, etc.).

Des outils en place

Différents outils ont été développés pour inciter à la prévention et à la valorisation matière des déchets provenant des chantiers de déconstruction ou de démolition : l’encouragement des bonnes pratiques, les diagnostics bâtiment rendus obligatoires depuis le 1ermars 2012, la planification territoriale au travers de plans de prévention et de gestion des déchets du BTP à élaborer ou réviser pour mi-2013. Ce dernier levier devrait également permettre d’agir sur les déchets des terrassements, qui finissent sou-vent en stockage.

Des freins à lever

Des freins importants limitent encore le recyclage des déchets du bâtiment. Ils sont d’abord d’ordre économique. Le coût des matériaux recyclés est souvent supérieur au coût des granulats naturels, ce qui rend florissante une activité parallèle de traitement des déchets en dépit de la réglementation en vigueur et pour des coûts dérisoires. Il reste donc à construire les conditions de contrôle de ces activités ainsi que les outils de leur valorisation : quel sera l’« instrument économique » évoqué par le Grenelle, quelles pistes fiscales privilégier, comment intégrer ces enjeux dans les schémas des carrières... Les freins sont également réglementaires et normatifs - quel pourcentage d’intégration de matériaux recyclés dans le béton de construction ? -, techniques - quel contrôle de la qualité des matériaux recyclés ? -, et même psychologiques, en particulier de la part des maîtres d’ouvrage.

* Chef du service de la prévention des risques et des nuisances Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie (DRIEE) Ile-de-France.

 

Site internet de la Driee Île-de-France : www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr

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